Sans souveraineté monétaire, pas de croissance possible

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On connaît donc les chiffres de la croissance pour l’année 2013 : en France celle-ci est donc de 0.3% grâce au 0.3% du 4e trimestre. Comme souvent la consommation des ménages de l’ordre de +0.4% a soutenu la croissance, surtout dû aux achats anticipés avant le relèvement de la TVA du 1er janvier 2014, l’anticipation du malus automobile et au déblocage de l’épargne salariale. L’investissement des entreprises a aussi redémarré fin 2013 en décollant à +0.9% au quatrième trimestre, cela s’explique par le remplacement des vieilles machines, une reprise des investissements temporaire pour le coup. Les exportations en hausse à la fin de l’année (+1.2%), il faut y voir l’effet indirect de la reprise américaine, dont profitent nos grands clients.

Une précarité toujours présente

Ces chiffres que nous venons d’expliquer, amènent le ministre de l’économie Pierre Moscovici à dire une nouvelle fois encore que « nous sommes repartis vers la croissance », et que nous allons donc pouvoir « créer plus d’emplois ». Il semble oublier que le chômage recule lorsque la France atteint une croissance de +1.5% (loi d’Okkun). Avec 0.3% de croissance, soit une croissance quasi nulle, la France est donc condamnée et ne peut pas inverser la courbe du chômage que le Président Hollande pensait pouvoir inverser fin 2013 avec une croissance nulle. La précarité de l’emploi est le seul recours pour l’économie française : l’emploi hors intérim a régressé fin 2013 de 9 200 postes, les CDD et l’intérim se sont multipliés. Jean-Christophe Caffet économiste chez Natixis pense que le taux de chômage atteindra 10.9% en France Métropolitaine.

Les pays possédant leur propre monnaie s’en sortent mieux

Si l’on compare ce taux de croissance en France au monde, on s’aperçoit que seule la zone euro ne retrouve pas de croissance (récession de -0.4%). Elle est une anomalie dans le monde. Même nos voisins outre-manche du Royaume-Uni ont une croissance de +1.9% sur l’année, et la Pologne elle connaît une croissance de +2.2%. Ces chiffres sont ils anodins ? La Pologne comme le Royaume-Uni, possèdent leur propre monnaie, ce qui leur permet d’avoir leur souveraineté monétaire c’est-à-dire la possibilité de pouvoir dévaluer sa monnaie selon son économie. Ce que la France ne peut pas, car celle-ci est dépendante de ses 18 « partenaires ». L’€uro est trop fort pour notre économie comme pour la plupart des pays membres de la zone économique et monétaire, mis à part pour l’Allemagne. Si la France veut dévaluer l’euro il faudra que les 19 membres de la zone euro se mettent d’accord sur une dévaluation, ce que l’Allemagne ne souhaite pas. Autrement dit, cette dévaluation est impossible.

Une dévaluation nécessaire

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Pourtant, si l’euro était dévalué de 10%, selon le rapport de la CAE (Conseil Analyse Economique) la France retrouverait une croissance 0.6% puis de 1% après deux ans. La France ayant perdu le contrôle de sa politique monétaire, n’a donc aucun contrôle pour faire varier sa croissance ; elle pourrait lancer une politique de relance, mais l’Union Européenne lui impose d’appliquer une politique d’austérité. En plus de n’avoir aucun effet bénéfique sur l’économie de notre pays, cette croissance de 2013 risque de ne pas se poursuivre, bien que le gouvernement mise sur une croissance de +1% en 2014, qu’ils aient le courage de nous démontrer comment nous pourrions obtenir une telle croissance.

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