Fusion des régions : un grand pas vers l’Europe fédérale

 

Dans son discours de politique générale à l’Assemblée Nationale, Manuel Valls le nouveau premier ministre a annoncé la division par deux du nombre de régions et la suppression des départements à l’horizon 2020. Cette proposition déjà au cœur des propositions de la commission Balladur de 2009 sous Nicolas Sarkozy suscite des débats, certains y voyant des économies faîtes par l’Etat d’autres voyants une offense aux identités locales.

En termes d’économies, cette réforme ne nous fera faire que de faibles économies (on parle d’un milliard d’euros d’économies). Rappelons que la décentralisation, a été caractérisée de « processus structurellement coûteux » par Philippe Séguin, Premier président de la Cour des Comptes. Si le gouvernement voulait réellement faire des économies, il aurait pu supprimer simplement le fonctionnement administratif des régions, en ne gardant que leur nom et leur découpage. Tout cela en transférant leurs compétences vers les départements (vieux de plus de 2 siècles).

Il est d’autant plus absurde de diviser par deux le nombre de régions, le projet voulant supprimer la région Picardie, région à forte identité. Le projet veut aussi regrouper dans une même région l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne qui pour le coup perdrait son nom en « Champagne-Lorraine-Alsace ». Là encore, le gouvernement va diviser la population française qui est attachée à ses régions. Qu’en aurait-il été si le gouvernement avait voulu fusionner la Bretagne avec la Normandie ?

Il est insupportable de la part du gouvernement de cacher la vérité aux français concernant ce redécoupage des régions voulu par l’UMP et qui va être appliqué par le PS. En réalité ce projet UMPS provient de l’Union Européenne. C’est un pas de plus vers l’Europe Fédérale qui souhaite des régions fortes pour affaiblir les Etats : la meilleure preuve étant les subventions accordées par l’Union Européenne qui vont principalement aux régions des Etats membres (« la Commission Européenne a une politique régionaliste, via la distribution de ses fonds » note Isabelle Chatry analyste à l’OCDE). C’est ainsi qu’en Espagne les communes ont dû abandonner leurs compétences en matière sociale, dévolues désormais aux seules régions. De même en Allemagne, où la république fédérale est fondée sur des Länders. Toutes les tentatives de fusions entre Länders ont échoué. En Italie, la décentralisation est en acte, mais celle-ci est freinée par la Cour des Comptes qui a mis en garde le gouvernement sur le coût potentiel des transferts de compétences aux régions.

 

En clair, ce projet n’est pas raisonnable, le fédéralisme européen a un coût comme l’explique Vincent de Briant (enseignant en droit public) « le Fédéralisme coûte plus cher ; il crée des doublons ». La solution vient peut-être du Royaume-Uni, où les échelons régionaux sont bien moins puissants qu’en France, ils pratiquent une politique de décentralisation « intelligente », par exemple les commissaires de police sont élus directement par la population afin d’en être plus proches.

Manuel Valls Premier Ministre : la contradiction c’est maintenant !

 

Après la débâcle des municipales pour la gauche, François Hollande a décidé de nommer un nouveau Premier ministre : Manuel Valls. L’homme de la com’, le Sarkozy de gauche. Ce n’est pas pour rien que Nicolas Sarkozy lui-même lui a proposé à plusieurs reprises d’intégrer son gouvernement durant son quinquennat.

 

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Manuel Valls c’est d’abord l’homme au bilan calamiteux au ministère de l’intérieur. Après 2 ans Place Beauvau, on constate une évolution de +9.3% des cambriolages, +8.4% des vols à main armée… On l’a souvent vu se rendre sur les lieux d’échauffourées, annoncer des mesures chocs, mais les résultats ne sont toujours pas là. Si le ministre de l’Intérieur veut lutter contre la délinquance, il doit avoir derrière lui une justice ferme, et être en accord avec le Ministre de la Justice. En l’occurrence, ce n’est pas le cas au vu des divergences entre Christiane Taubira et Manuel Valls.

Outre le bilan sécuritaire négatif, Valls est aussi le ministre de la censure : hormis l’affaire Dieudonné où Valls s’est cru au-dessus de la justice pour faire appliquer ses directives ; quelque chose de bien plus curieux que l’on a quasiment occulté dans nos médias : la suppression de tweets records en 2013 : La France a été le 1er pays à demander la suppression de tweets des internautes. C’est ainsi que le classement de Democracy Index relègue la France à la 28e place de la catégorie des « démocraties imparfaites » du point de vue des libertés individuelles. Autre chiffre glaçant et moins connu : la France détient la quatrième place des pays les plus condamnés par la Cour européenne des droits de l’homme pour violation de son article 10 protégeant la liberté d’expression juste derrière la Turquie, l’Autriche et la Russie…

Sur le plan migratoire, il déclare dès qu’il arrive au poste de Ministre de l’Intérieur, qu’il poursuivra la politique menée par Nicolas Sarkozy de 200.000 entrées d’immigrés par an, tout en affirmant contradictoirement dans son livre « Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche » qu’il est pour la mise en place de quotas d’immigration. Parallèlement, sous 2 ans de gestion, les naturalisations augmentent de 30% par an.  Il déclare à propos des Roms : « les Roms habitant dans des campements illégaux ne souhaitent pas s’intégrer et ont vocation à retourner dans leur pays. » tout en faisant passer une circulaire qui impose aux maires avant tout démantèlement de camp, de proposer des solutions d’hébergements et d’insertions aux Roms.

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C’est aussi l’homme aux propos polémiques, d’abord en juin 2009, se promenant à Evry il déclare : « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos… » ; et sa phrase choc lors du référendum de 2005 sur la Constitution Européenne où il déclare « J’étais partisan du non, mais face à la montée du non, je vote oui ».

 

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Valls est aussi perçu comme l’homme le plus à droite des personnalités de gauche : on rappelle sa remise en cause des 35h, son engagement pour la TVA Sociale, sa lutte en faveur de l’austérité durant la primaire socialiste de 2011, sa position en faveur de l’allongement du départ à la retraite… Ce n’est pas un hasard si il est aujourd’hui l’homme politique de gauche préféré des sympathisants de droite.

 

Vous l’aurez donc compris, Manuel Valls, c’est l’homme de la contradiction. C’est aussi l’ex maire d’Evry qui a augmenté la dette de la ville de 276% entre 2001 et 2012, espérons pour la France que sa gestion calamiteuse de la ville ne soit pas la même pour le pays….

 

par souverainisteindependant Posté dans Articles Tagué