Déficit public : la Commission Européenne joue les troubles fêtes

La France qui devait ramener son déficit public à moins de 3% du PIB en 2015 (pour se plier à la règle du TSCG imposé par l’Union Européenne) plus exactement à 2.8% ne devrait pas atteindre cet objectif selon le dernier rapport de la commission européenne qui mise sur un déficit de 3.9% du PIB en 2015.

Dernièrement, un rapport de la cour des comptes en janvier émettait des réserves à cet objectif.
Face à une réduction drastique des dépenses de l’Etat, et une hausse des recettes via l’augmentation des impôts. Augmenter les impôts est-ce forcément la meilleure solution pour réduire son déficit et augmenter les recettes ? Si l’on en croit la courbe de Laffer qui énonce que lorsque les prélèvements obligatoires sont déjà élevés, une augmentation de l’impôt conduirait alors à une baisse des recettes de l’État.

De plus ce déficit public qui doit être financé fait augmenter la dette française qui atteindra 95% du PIB en 2015 (soit 20% de plus que ce qui est demandé par le TSCG).

La France doit donc faire des efforts drastiques pour répondre à ces objectifs et pratiquer une politique d’austérité. Qu’importe ce qu’en pense la population durement frappé par le chômage, la précarité… L’important pour la France est de répondre aux directives européennes sous peine de pénalités financières. C’est du moins le gouffre dans lequel se trouve la France depuis la signature de ce traité passé une nouvelle fois dans le dos des peuples européens (aucun référendum).

Pourtant la France, état-nation, pourrait tout à fait appliquer la politique budgétaire de son choix.
En retrouvant le contrôle de sa banque centrale, et en empruntant directement à elle même à taux 0% sans passer par les marchés financiers (rejet de la loi de 73), la France pourrait avoir le déficit qu’elle souhaite sans se préoccuper de la confiance des marchés et pourrait appliquer l’économie qu’elle juge utile en fonction de sa population et non en fonction de traités. C’est là dessus qu’un pays pourrait se dire « ennemi de la finance » en remettant en cause cette loi de 73 qui impose aux Etats d’emprunter aux marchés financiers.

Il faut aussi rompre avec la politique d’austérité qui n’a jamais fait ses preuves de réduction de déficit, et laisser aux Etats le contrôle de leur déficit.

Sans souveraineté monétaire, pas de croissance possible

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On connaît donc les chiffres de la croissance pour l’année 2013 : en France celle-ci est donc de 0.3% grâce au 0.3% du 4e trimestre. Comme souvent la consommation des ménages de l’ordre de +0.4% a soutenu la croissance, surtout dû aux achats anticipés avant le relèvement de la TVA du 1er janvier 2014, l’anticipation du malus automobile et au déblocage de l’épargne salariale. L’investissement des entreprises a aussi redémarré fin 2013 en décollant à +0.9% au quatrième trimestre, cela s’explique par le remplacement des vieilles machines, une reprise des investissements temporaire pour le coup. Les exportations en hausse à la fin de l’année (+1.2%), il faut y voir l’effet indirect de la reprise américaine, dont profitent nos grands clients.

Une précarité toujours présente

Ces chiffres que nous venons d’expliquer, amènent le ministre de l’économie Pierre Moscovici à dire une nouvelle fois encore que « nous sommes repartis vers la croissance », et que nous allons donc pouvoir « créer plus d’emplois ». Il semble oublier que le chômage recule lorsque la France atteint une croissance de +1.5% (loi d’Okkun). Avec 0.3% de croissance, soit une croissance quasi nulle, la France est donc condamnée et ne peut pas inverser la courbe du chômage que le Président Hollande pensait pouvoir inverser fin 2013 avec une croissance nulle. La précarité de l’emploi est le seul recours pour l’économie française : l’emploi hors intérim a régressé fin 2013 de 9 200 postes, les CDD et l’intérim se sont multipliés. Jean-Christophe Caffet économiste chez Natixis pense que le taux de chômage atteindra 10.9% en France Métropolitaine.

Les pays possédant leur propre monnaie s’en sortent mieux

Si l’on compare ce taux de croissance en France au monde, on s’aperçoit que seule la zone euro ne retrouve pas de croissance (récession de -0.4%). Elle est une anomalie dans le monde. Même nos voisins outre-manche du Royaume-Uni ont une croissance de +1.9% sur l’année, et la Pologne elle connaît une croissance de +2.2%. Ces chiffres sont ils anodins ? La Pologne comme le Royaume-Uni, possèdent leur propre monnaie, ce qui leur permet d’avoir leur souveraineté monétaire c’est-à-dire la possibilité de pouvoir dévaluer sa monnaie selon son économie. Ce que la France ne peut pas, car celle-ci est dépendante de ses 18 « partenaires ». L’€uro est trop fort pour notre économie comme pour la plupart des pays membres de la zone économique et monétaire, mis à part pour l’Allemagne. Si la France veut dévaluer l’euro il faudra que les 19 membres de la zone euro se mettent d’accord sur une dévaluation, ce que l’Allemagne ne souhaite pas. Autrement dit, cette dévaluation est impossible.

Une dévaluation nécessaire

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Pourtant, si l’euro était dévalué de 10%, selon le rapport de la CAE (Conseil Analyse Economique) la France retrouverait une croissance 0.6% puis de 1% après deux ans. La France ayant perdu le contrôle de sa politique monétaire, n’a donc aucun contrôle pour faire varier sa croissance ; elle pourrait lancer une politique de relance, mais l’Union Européenne lui impose d’appliquer une politique d’austérité. En plus de n’avoir aucun effet bénéfique sur l’économie de notre pays, cette croissance de 2013 risque de ne pas se poursuivre, bien que le gouvernement mise sur une croissance de +1% en 2014, qu’ils aient le courage de nous démontrer comment nous pourrions obtenir une telle croissance.