A qui profite la crise en Ukraine ?

 

Le coup de force organisé par les États-Unis et l’Union européenne soutenant les opposants au régime de Ianoukovitch, pendant les Jeux de Sotchi (les Russes ayant alors les mains liées) a donc fonctionné et débouché à l’effondrement du pouvoir légal la veille de la fin des Jeux (le 23 février).

La tactique du camp occidental durant ce conflit a été la même qu’en Syrie : aide financière à une opposition factice et diffusion massive de contrevérités médiatiques à propos de la répression menée par le pouvoir. Le but étant d’affaiblir la Russie tant économiquement que diplomatiquement en la privant de ses alliés.

Rappel des faits : suite au refus du président ukrainien en novembre dernier de signer un accord d’intégration avec l’Union Européenne, décision motivée par la lourdeur des réformes structurelles exigées en  contrepartie par les européens (privatisations massives, réduction drastique des dépenses de l’État et de l’emploi public, remise en cause de la protection sociale et du droit du travail) alors que le pays est économiquement affaibli ; des milliers de manifestants se sont précipités dans la rue. Ces manifestations, loin d’être pacifiques, veulent la démission du Président Iianoukovitch. Le président Ianoukovitch avait certes des défauts (corruption, incapacité à agir dès le début de la crise) mais il avait été élu démocratiquement (aucune contestation de l’OSCE) et était le président légal.

Intéressons-nous aux « coulisses » de ces manifestations. Comme à chaque guerre civile, les médias occidentaux dressent le conflit en deux camps : le camp démocratique et le camp dictatorial. En réalité, le camp dit « démocratique » des manifestants a de forts liens avec des ONG américaines. En 2005, le journal Libération publiait un article révélant l’appui de certaines ONG et autres fondations très proches du gouvernement américain comme Freedom House (financé par Georges Soros) ou OTPOR. J’en veux pour preuve les tracts retrouvés aux abords des manifestations expliquant comment créer une émeute. Ces tracts ressemblent d’ailleurs à ceux trouvés en Egypte lors des manifestations qui avaient abouti à la chute du régime.

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Ils ont été produits par l’ONG serbe OTPOR (largement financé par Freedom House)  qui avait contribué à la chute de Milosevic. D’alleurs Freedom House est désormais présidé par l’ancien dirigeant de la CIA James Woosley. Ce dernier est un proche du Sénateur McCain et avait été engagé comme conseiller lors de la campagne présidentielle de 2008. Pas étonnant de voir l’un des chefs de l’opposition Oleh Tyahnybok, le dirigeant du parti SVOBODA, en compagnie du sénateur américain John McCain en décembre 2013. Tyahnybok étant par ailleurs favorable à l’intégration de l’Ukraine à l’OTAN. Il est désormais établit que les USA ont une action très significative pour former une partie de la population à la révolution, même si pour arriver à atteindre leur but, ils doivent former et financer des néo-nazis, aux côtés d’étudiants manipulés par la promesse d’un libre marché à l’occidental qui serait porteur d’un bonheur éternel.

La France doit rompre avec sa posture actuelle. Elle doit entamer d’urgence un dialogue respectueux, mais ferme et responsable, avec la Russie, car ce n’est pas en pratiquant la politique de l’autruche que l’on arrivera à des accords avec la Russie. Mais la France doit aussi affirmer très fermement que l’Ukraine devra organiser au plus vite des élections libres en Ukraine. 

L’Ukraine n’a pas à payer la trame de fond de cette affaire, car ne l’oublions pas, la cause principale de ce conflit est premièrement l’affrontement entre les États-Unis et la Russie, les premiers voulant otaniser l’Ukraine, les seconds voulant y conserver leur influence stratégique.