Quel est le véritable enjeu des élections municipales 2014 ?

Citoyens, dimanche vous allez enfin pouvoir vous exprimer ! Cela fait maintenant 2 ans depuis les législatives de 2012 que le peuple n’a plus eu la parole. Certains y manifesteront leur ras-le-bol du gouvernement actuel (20% des électeurs s’apprêtent à voter contre la politique du président Hollande et de son gouvernement, selon un sondage de l’IFOP pour 20 Minutes et I>Tele). Ce vote sanction serait tout à fait légitime, le gouvernement ayant occulté de rendre la parole au peuple depuis 2 ans. Lorsqu’une côte de popularité est aussi faible comme actuellement (21% des français se disent satisfait de l’action menée par le Chef de l’Etat), la moindre des choses serait d’en revenir au peuple : référendums pour grandes réformes lancées, dissolution de l’Assemblée Nationale… Il n’en est rien ; on pourrait légitimement se poser la question de savoir si même avec 1% d’opinions favorables, François Hollande continuerait à appliquer sa politique sans passer par le peuple.

Hormis, ce vote sanction, revenons aux principes fondamentaux d’une élection municipale. Cette élection d’enjeu local attire beaucoup les français, le maire étant l’homme politique préféré des français. Pourtant cette année encore l’abstention devrait être au rendez-vous (IPSOS prévoit une abstention de 40%). Tant que le vote blanc ne sera pas reconnu vraiment, et que voter ne sera pas obligatoire, l’abstention sera toujours présente.

Nouveauté cette année, les français auront aussi la possibilité en même temps qu’ils votent pour leur maire, d’élire leurs représentants au conseil communautaire. Ces communautés de communes (ou communautés d’agglomérations pour les grosses villes) vont petit à petit avoir de plus en plus de rôle dans les gestions locales. En effet les intercommunalités ont deux compétences obligatoires : l’aménagement du territoire et le développement économique. Ces intercommunalités ont un coût et pèsent dans la mille-feuille administratif : les frais de fonctionnement augmentent (emploi d’agents sans fonctions) et les investissements baissent. Par ailleurs on note que les citoyens connaissent mal le fonctionnement des intercommunalités (à titre d’exemple 78% des Bollénois ne connaissent pas le fonctionnement de l’intercommunalité). On constate un éloignement entre les citoyens et l’intercommunalité. De plus celles-ci sont dessinées hasardeusement, la logique serait qu’elles devraient correspondre au bassin de vie des habitants. Enfin pour terminer sur les intercommunalités, elles ne profitent qu’aux grosses communes : plus la commune est grande plus elle va profiter de l’intercommunalité via les subventions accordées, les petites communes ont très peu de représentants au conseil communautaire, et ne profitent pas de grands projets (comme la construction de piscine) mais doivent payer pour la construction d’un service d’une autre commune.

69% des français (toujours selon les chiffres de l’IFOP) vont voter pour des enjeux locaux : fiscalité, insécurité, emploi, logement, éducation, transports, culture…

La clé de la réussite pour un maire est d’appliquer un programme local au lieu d’un programme national

Au risque de vous décevoir, je ne ferai pas parti de certains hommes politiques (que je ne citerai pas) qui se permettent d’avoir un avis sur les 35.000 communes françaises, surement dotés d’une capacité intellectuelle supérieure par rapport à nous citoyens lambda. Mais je peux tout de même me permettre de donner quelques conseils aux futurs maires élus ou réélus : pour les maires ayant reçu le soutien d’un parti, la clé de la réussite sera d’appliquer un programme local, pas un programme national ; il faudra avoir une connaissance rigoureuse des dossiers municipaux. Faire des économies là où c’est possible et notamment en matière de dépenses de fonctionnement ; avoir une réelle envie de combattre l’insécurité, par des mesures concrètes et pas par des effets d’annonce (voir article « Que peut faire un maire contre l’insécurité ? »)… 

D’ici là, chers citoyens je vous souhaite un bon vote, n’oubliez pas que ce droit est un droit fondamental et que de ne pas l’utiliser c’est laisser les autres s’exprimer à votre place, car râler c’est bien, voter c’est mieux !

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Que peut vraiment faire un maire face à l’insécurité dans sa commune ?


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En période d’élections municipales, il est de plus en plus courant de voir des candidats jouer les « gros bras » en promettant de gros moyens face à l’insécurité tel un Nicolas Sarkozy en 2007. Entre les paroles et les actes, les citoyens attendent une vraie réponse contre ce fléau qui ne cesse d’augmenter.

Les cambriolages qui continuent d’augmenter en 2013, par rapport à 2012, selon le bilan annuel de l’Observatoire Nationale de la Délinquance il y a eu une hausse de 6,4% des cambriolages en zone urbaine et + 4,7% en zone rurale. Les riverains désemparés s’organisent entre eux, c’est ainsi que l’on voit des dispositifs comme « Voisins vigilants », de plus en plus de villas équipées d’alarmes, de caméras. Les commerçants de centre-ville, moteurs du dynamisme d’une ville, braqués avec armes, ne reçoivent aucun soutien… pire que ça ils sont amenés devant les tribunaux lorsqu’ils « osent » se défendre ! Les dealers dans les villes, où la Police Municipale n’intervient pas par peur de représailles.

C’est l’occasion de pouvoir rappeler les pouvoirs du maire pour mettre en œuvre la sécurité dans sa commune. Le maire en qualité d’officier de police judiciaire peut par lui-même faire respecter la loi, et peut agir au niveau de sa police municipale. Alors certes le maire ne pourra pas lutter contre le laxisme judiciaire, mais il pourra appliquer une certaine forme de « tolérance zéro » locale qui permettra de dissuader les criminels.

Il lui suffit de donner des « moyens » à la police municipale.

–          Augmenter le nombre de policiers municipaux. Il ne s’agit pas d’augmenter pour augmenter, il faut donner des consignes précises à celle-ci pour qu’elle soit efficace. Les Policiers Municipaux doivent être de l’ordre de 0.1% de la population de la ville (exemple : 30 policiers municipaux sur une commune de 30 000 habitants).

–          Armer la police municipale de Taser avec formation adéquate. Cette mesure aura un effet dissuasif sur la délinquance.

–          Renforcer le parc de vidéosurveillances : avec un coût de 45.000€ par caméra, le maire peut lutter contre la délinquance. Pour plus d’efficacité, il peut innover dans l’instauration de caméras nomades (pas plus d’un, ou deux mois au même endroit) moins chères que des caméras fixes.

–          Spécialiser la police municipale par secteurs : mise en place d’unités spécialisées afin de favoriser les patrouilles. Les patrouilles doivent circuler 24h/24 et 7j/7

–          Ouverture des locaux de la police municipale 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ; en particulier dans les zones rurales. 

–          Coopération entre les partenaires institutionnels : c’est le cas pour les villes, où gendarmerie, police nationale et police municipale doivent travailler ensemble.

–          Soutien et promotion aux dispositifs d’intérêts généraux (comme Voisins Vigilants)

Ces mesures simples et efficaces peuvent être appliquées, encore une fois c’est une question de volonté ! Certains y pointeront un coût dans le budget municipal, à titre de rappel, le coût d’un policier municipal est l’équivalent du coût d’un fonctionnaire de mairie. On peut tout à fait réduire le nombre de fonctionnaires dans une mairie et le remplacer par un policier municipal.

Cet article est dédié aux 3.500 communes françaises possédant une police municipale.