Pourquoi ce Traité Transatlantique est-il si secret ?

 

Vous n’en avez pas entendu parler, ou très vaguement ? Rassurez-vous vous n’êtes pas seul. Depuis juillet 2013, dans la plus grande discrétion, la Commission Européenne (non élue) et les Etats-Unis négocient un traité commercial sans que les citoyens n’en soient informés.

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Il s’agit de créer une vaste zone de libre-échange rassemblant 800 millions de consommateurs. Les discussions portent sur ce que les entreprises appellent les « obstacles non tarifaires », c’est-à-dire les normes sanitaires, environnementales, éthiques et juridiques que les Etats et leurs législations leur imposent pour protéger le consommateur en cas de violation des règles. Ce sont des choix collectifs en matière de risques. Ces contraintes doivent tomber avec le Traité Transatlantique.

Prenons l’exemple des choix alimentaires, auparavant, la France avait la possibilité de refuser certains produits venant de l’étranger, c’est ainsi que grâce aux « obstacles non tarifaires » nous ne mangeons pas d’animaux domestiques que mangent des chinois. L’effet direct qu’aura le Traité Transatlantique dans nos assiettes sera l’insertion de viandes traitées aux hormones de croissance, des produits issus d’OGM…

Finalement ce Traité ne sera bénéfique que pour les multinationales qui pourront contester devant des tribunaux les décisions des Etats qui remettraient en cause le contexte économique ou juridique de leurs investissements – puisque celle-ci seront mise sur le même plan que les Etats. Procédé qui rappelle l’Accord Multilatéral sur l’investissement (AMI) de Lionel Jospin qui avait été finalement annulé.

Il sera aussi bénéfique aux Etats-Unis qui pourront user du dumping monétaire (faculté à gérer le dollar de façon à s’assurer à un avantage compétitif par rapport à l’euro), du dumping social (pas de SMIC fédéral), et du dumping environnemental (protocole de Kyoto non ratifié). Surtout lorsque l’on sait que les propositions émanent – pour la plupart – des Etats-Unis.

 

Cet accord est passé en catimini des peuples, mais aussi des parlementaires européens et nationaux ! Si ces derniers veulent avoir accès aux termes du traité, ils doivent se rendre dans les ambassades américaines (dans des salles de lecture supervisées par un garde de sécurité), ou bien sur Internet où celui-ci est disponible « clandestinement ». Alors que les Américains profitent de tout ce qu’ils savent sur les positions et dissensions entre Européens grâce à la NSA (service d’espionnage international). C’est le risque lorsque l’on choisit de confier les négociations d’un traité à des négociateurs non élus… Car la Commission Européenne – a selon les révélations d’ATTAC – entendu beaucoup plus de représentants de lobbies et de multinationales que d’élus ou de citoyens…

Les représentants des gouvernements européens ont été très discret sur ce sujet, François Hollande lui a déclaré lors de sa visite à Washington « aller vite n’est pas un problème, c’est une solution. Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations. » François Hollande qui a d’ailleurs réussi à obtenir l’exception culturelle (les artistes ne seront pas inclus dans ce traité), oubliant au passage les agriculteurs, fonctionnaires, artisans et consommateurs… Si François Hollande arrive à avoir gain de cause sur la culture, il peut aussi l’avoir pour le reste de la population. A en croire que le monde des artistes n’est plus que la seule tranche qui intéresse le gouvernement.

 

Ce traité sera imposé à la future Commission Européenne, étant été négocié un an avant la fin de son mandat. On peut s’interroger sur le camp que choisit de défendre l’Union Européenne consciente des problèmes que je viens d’évoquer. Serait-elle le vassal des Etats-Unis ?

Après les espionnages des Etats-Unis sur l’Europe et sur le monde, voilà la façon dont l’Union Européenne punit ses « amis américains »… Sans commentaires !

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